Confinement

Confinement

Maurice JACQUES

Psychologue éducationnel et psychothérapeute

Il y a des mots, il y a des concepts que nous utilisons presque tous les jours. Il y en a certains qui font partie de notre vie et il en existe même qui se mêlent è notre existence. Tension, énergie, stress, cholestérol, diabète, émotion, représentent des vocables qui remuent autour de nous, pénètrent le langage scientifique, dans presque tous les domaines. Des mots qui peuvent faire accélérer notre rythme cardiaque : tension artérielle, ACV, (Accident cérébro-vasculaire), AVC (accident vasculaire cérébral), stroke. Ce dernier on dirait qu’il a pris naissance en Haïti. Il participe à toutes les conversations et silencieusement il bouleverse toutes les couches de la société haitienne.

Depuis le 21 janvier 2020, ces concepts deviennent, comme des livres déjà lus, feuilletés, relus, et déposés dans les rayons d’une bibliothèque. Cependant, ils sont bien présents dans le corps de tous les hommes, de toutes les femmes. Certains contribuent à nous entretenir en santé, d’autres sont des symboles clés qui expriment nos maladies, qui annoncent notre mort prochaine et qui nous font peur. Comme si ces concepts étaient écrits sur le sable; le sounami du CORONAVIRUS ou COVID-19, semble les effacer et on en parle seulement par comparaison ou pour décrire l’état de santé d’un individu en face d’une peste qui menace le monde entier. Ils sont, certains, dirigés sur le sentier de la comorbidité, comme des complices volontaires du COVID-19. Il a fallu un seul geste de la nature et tout change autour de nous.

Certaines habitudes qui, dans le temps et dans l’espace, représentent des signes d’amitié, d’affection, d’attachement et d’amour risquent d’être bannis dans nos relations interpersonnelles. Accolades, baisers, poignées de main, les câlins sont perçus comme des rasoirs, des armes destructives qu’il faut fuir. Nous ne pouvons pas visiter une personne proche pour lui témoigner notre preuve d’amour, de sympathie ou d’amitié sans la promesse d’accepter de demeurer au seuil de la porte. Le pouvoir, l’argent, la popularité, des mots vains qui ont perdu leur puissance. Tout ce qui était précieux, recherché, devient brusquement inutile et mêmes les milliardaires sont comme des voyageurs dans un désert, les poches remplies d’argent, et des valises pleines d’objets périmés.

Une chose, une seule chose, que nous devons garder, que nous devons gérer et fortifier c’est notre force vitale. Je sens cette force en moi. Elle me permet d’éloigner ou d’accepter la peur et de vivre mon inquiétude en restant en contact avec toutes les vibrations du corps. Cette conscience du corps favorise le contact avec moi-même et avec la réalité environnementale. Le confinement et la solitude ne m’effraient pas, ils augmentent l’actualisation de soi et renforce ma capacité d’introspection. Seul, obligé d’être seul, la solitude maintenant fait partie de moi. Le grand danger de cette habitude d’être seul; comment pourrai-je vivre 24 heures, 12 mois 365 jours de l’année avec d’autres, comme avant.

C’est difficile et compliqué pour un hyperactif comme moi de rester longtemps sans rien faire. Mon corps est monté sur des ressorts et bouger devient pour moi une fatalité. Je vis de projet en projet et je suis comme les abeilles, j’ai des alvéoles à remplir, jour et parfois une bonne partie de la nuit. Je suis un homme ‘’sans âge’’. Je sens trop la jeunesse dans mon être et je ne vois pas la vieillesse dans mon âge.

 

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Doc INHOPP_Seul avec soi-même_Maurice JACQUES Ph.D