Haïti, saison d’anomie

Haïti, saison d’anomie

Directoire de l’INHOPP

En hommage à me Monferrier Dorval

Les assassins sont dans la ville. Ils volent, kidnappent, violent, et tuent. Parfois sous le regard indifférent des responsables de l’Etat, dans certains cas en raison de leur impuissance et de leur incompétence, et trop souvent avec leur complicité directe, sous le regard complaisant de l’international. Ils endeuillent les familles et poursuivent la course effrénée vers la destruction totale de ce qui reste encore d’économie, la déstructuration d’un tissu social déjà fragile, et la déshumanisation d’une population confrontée quotidiennement au spectre affreux des viols collectifs, des pires sévices corporels et de la mort. Ce train de la mort met à nu la déliquescence institutionnelle qui caractérise le fonctionnement actuel des structures étatiques, mais surtout une haine de ce pays et de ses citoyens par des « dirigeants, leur famille et alliés », soucieux uniquement de la pérennisation de leur position de pouvoir, instrument d’une accumulation éternellement primitive de capital. Cette machine infernale qui tue et blesse par de petits accidents provoqués, c’est aussi le regard de l​’​autre qui pense que ces « gens-là » peuvent s’entretuer sans conséquence sur la marche du monde. C’est donc sans étonnement qu’au mépris de ces tueries, de ces viols, de cette « gangstérisation » du territoire, l’autre avec une apathie déconcertante, vient au secours de cet exécutif failli, prétextant une injonction pour la réalisation des élections. Les haïtiens seraient à la fois, pauvres, noirs et bêtes pour ne pas comprendre que c’est un soutien à l’inacceptable. Au-delà de la tombe, Monferrier Dorval a dit non.

 

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Haïti, Saison d’anomie_Hommage Monferrier Dorval_5 Septembre 2020